LE CLAN BOCHETEL

FONTVIEILLE, D.

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Guillaume Bochetel, l’un des quatre premiers secrétaires des commandements sous Henri II, est un homme presque oublié. Pourtant, il était entouré de quelques-uns des conseillers les plus influents du roi dans la seconde moitié du xvie siècle, dont Jean de Morvillier, garde des Sceaux de France, ou Claude de L’Aubespine, dont le frère, Sébastien, fut ambassadeur en Espagne et l’un des proches de Catherine de Médicis. Si ces hommes sont aussi peu connus, leur héritier n’a pas subi le même destin, puisqu’il n’est autre que le puissant Nicolas de Neufville, Sr de Villeroy, premier véritable secrétaire d’État aux Affaires étrangères à la fin du xvie siècle. Tous ces hommes forment un groupe que l’on peut définir comme un clan familial en raison de l’étroitesse des liens qui les unissent – à travers des alliances matrimoniales dont l’architecte fut Guillaume Bochetel –, du travail commun, de l’identification de chacun de ses membres au groupe – dont l’unité est aussi perçue par les contemporains –, enfin en raison de la permanence de la solidarité entre les membres du clan. C’est un clan de pouvoir qui tient, entre 1547 et 1588, nombre de postes prestigieux de la diplomatie résidente et la plupart des secrétariats d’État. L’origine de ce pouvoir est à rechercher du côté des Bochetel, et plus précisément à Bourges où les Bochetel émergent à la fin du Moyen Âge. Sa fin est moins évidente : en 1588, Henri III renvoie les secrétaires d’État en place, mettant ainsi un terme à la domination du clan ; mais dès 1577 le clan Bochetel originel s’était effacé, avec la mort de Jean de Morvillier et la disgrâce de Sébastien de L’Aubespine l’année suivante, ouvrant la voie à un réseau familial qui perdura encore une décennie au pouvoir. L’étude de ce clan a été jusqu’ici largement négligée et la redécouverte de ces hommes permet d’étudier la complexification de la monarchie française au xvie siècle, avec la naissance des secrétariats d’État dont le contenu et le pouvoir ont largement été définis par leurs premiers détenteurs. L’autre versant est la diplomatie résidente dont la pratique, d’origine italienne à la fin du Moyen Âge, se diffuse à toute l’Europe et devient lentement un mode de relation normal entre les États et, surtout, une école du pouvoir pour les élites. Enfin, cette étude permet d’esquisser le portrait des grands officiers de la Couronne au xvie siècle. Sources Sur ces personnages, les études des historiens font défaut, et les sources ne sont pas toujours très abondantes. Les archives locales, archives municipales de Bourges et archives départementales du Cher, fournissent d’utiles indications sur les débuts de la famille Bochetel au xve siècle et un tableau fort complet des possessions terriennes de Guillaume I Bochetel. Pour comprendre la position des membres du clan à la cour, la matière principale est la correspondance diplomatique : pour Guillaume Bochetel, une correspondance avec Anne de Montmorency entre 1528 et 1530 essentiellement (archives du château de Chantilly), pour son fils, Bernardin III, ambassadeur en Suisse puis dans l’Empire dans les décennies 1550 et 1560, une abondante correspondance passive regroupée dans sept volumes à la Bibliothèque nationale de France (Cinq-Cents de Colbert 390 à 396). Pour des aperçus sur l’ensemble du clan Bochetel ont été employées les correspondances diplomatiques de Jean de Morvillier, de Sébastien de L’Aubespine et, surtout, de Pomponne de Bellièvre qui adresse de nombreuses missives aux L’Aubespine et à Morvillier dans les années 1560-1570, permettant d’étudier la position du clan à la cour dans la seconde moitié du siècle. Quelques rares papiers privés (testament de Jean de Morvillier, inventaires après décès de Bernardin III et de Claude de L’Aubespine notamment) nous renseignent également sur la culture de ces hommes et sur leurs rapports.

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