L’ORDRE DES CHEVALIERS HOSPITALIERS DE NOTRE-DAME DU TEMPLE

(extrait du livre “Traité de la noblesse” de La Roque)

Les templiers prirent ce nom à cause de leur établissement qui se fit proche du Temple de Jérusalem l’an 1118 du temps du roi Baudouin. Leur emploi était de défendre les pèlerins et de rendre les chemins sûrs contre les courses des infidèles. Quelques-uns veulent que les premiers fondements de l’ordre des Templiers furent jetés l’an 1096 par Hugues de Payens et par Godefroy de Saint-Omer du pays d’Artois, qui reçurent du pape Honoré III et d’Etienne patriarche de Jérusalem, leur règle et leur habit, qui étaient de couleur blanche avec une croix rouge, pour signifier l’innocence et le martyre, comme dit Aubert le Mire, leur titre était de Notre-Dame. Ils avaient trois ordres parmi eux, les grands-croix, les simples chevaliers et les servants qui portaient une demie croix. Cet ordre fleurit plus de 200 ans ; il avait deux millions de revenu et l’on y comptait 40.000 commanderies. Le pape Clément V le supprima au concile de Vienne l’an 1312. Plusieurs chevaliers furent condamnés à la mort, et les autres dépouillés de leur habit. On leur attribuait plusieurs crimes contre la foi, la religion, la chasteté et les bonnes mœurs. Ils furent traités plus doucement en Espagne qu’aux autres lieux de la chrétienté ; car au concile provincial célébré à Salamanque, ils furent déclarés innocents et exempts des crimes qu’on leur imposait. Leurs biens furent distribués à plusieurs autres ordres militaires et hospitaliers, comme à celui de Saint-Jean, et autres en France, en Espagne et ailleurs.

Guillaume de Tyr et récemment MM. du Puy, ont fait des Traités des Templiers, qui représentent leurs crimes et leurs erreurs. Villaneus et Saint-Antonin veulent qu’ils fussent accusés par calomnie, en parlant du supplice de Jacques de Molay bourguignon, maître général de leur ordre, qui soutint toujours que l’ordre était saint, juste et orthodoxe. Ordo enim iste, sanctus, justus et orthodoxus.

Jean Mariana jésuite en parle indifféremment et sans passion, balançant l’une et l’autre opinion.