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ARMORIAL HAUT-ALPIN

Jean Grosdidier de Matons

ARMORIAL HAUT-ALPIN

Plus de 450 familles étudiées. Donne quantité d'informations inédites, puisées dans les dépôts d'archives, en particuliers les fonds notariaux et les papiers de famille des départements concernés. (Extraits de l'avant-propos) L'Armorial haut-alpin a pour objet de combler un vide dans les armoriaux français. D'abord intégrée au Royaume de Bourgogne, peu à peu contrôlée par les Dauphins, la région haut-alpine est également tournée vers la Provence, à qui elle a fourni de nombreux immigrants. L'Embrunois n'est devenu définitivement dauphinois qu'au XIIIème siècle, et Tallard a attendu 1503 pour le devenir à son tour. De ce caractère hybride a résulté une certaine négligence de la part des rédacteurs d'armoriaux. Ceux de Provence et du Comtat ont peu traité les familles haut-alpines, vues comme dauphinoises. Le principal armorial de Dauphiné, celui de Rivoire de La Batie, s'est concentré sur le Grésivaudan, le Viennois ou l'Oisans et a négligé la partie méridionale de la province. Pourtant, les sources disponibles sont abondantes et les archives départementales disposent d'un guide récent, modèle du genre. On doit citer ici les principaux auteurs de travaux généalogiques sur la région, même si certains de ces travaux ont été utilisés essentiellement pour des recoupements. Car les neuf dixièmes de cet armorial sont basés sur des documents originaux et non sur la recopie passive de sources imprimées antérieures……

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2003, 650 pages, 21 x 27 cm, 98€

L’Armorial haut-alpin a pour objet de combler un vide dans les armoriaux français. D’abord intégrée au Royaume de Bourgogne, peu à peu contrôlée par les Dauphins, la région haut-alpine est également tournée vers la Provence, à qui elle a fourni de nombreux immigrants. L’Embrunois n’est devenu définitivement dauphinois qu’au XIIIème siècle, et Tallard a attendu 1503 pour le devenir à son tour. De ce caractère hybride a résulté une certaine négligence de la part des rédacteurs d’armoriaux. Ceux de Provence et du Comtat ont peu traité les familles haut-alpines, vues comme dauphinoises. Le principal armorial de Dauphiné, celui de Rivoire de La Batie, s’est concentré sur le Grésivaudan, le Viennois ou l’Oisans et a négligé la partie méridionale de la province.

Pourtant, les sources disponibles sont abondantes et les archives départementales disposent d’un guide récent, modèle du genre. On doit citer ici les principaux auteurs de travaux généalogiques sur la région, même si. certains de ces travaux ont été utilisés essentiellement pour des recoupements. Car les neuf dixièmes de cet armorial sont basés sur des documents originaux et non sur la recopie passive de sources imprimées antérieures..

Le Chanoine Paul Guillaume, archiviste départemental jusqu’en 1914, a laissé des centaines de tableaux généalogiques, exactement référencés, dans Le Livre de Mémoire, brouillon de ce qui devait probablement être un armorial haut-alpin. Les inventaires détaillés qu’il a fait imprimer (minutes du notaire Mutonis de Gap au XVIe siècle (Série G), minutes des notaires de Savines et de Guillestre (Série E) ou demeurés à l’état de manuscrits (notaires de Gap et des localités du sud et de l’ouest du département en Ms 398), fournissent une masse de renseignements généalogiques, comme aussi les archives des consistoires dissous inventoriés dans la série H.supplément Au total, il a été l’auteur de l’inventaire détaillé d’un millier de volumes de minutes notariales sur les quelque quatre mille qu’il avait réunis. Par ailleurs, son dépouillement et son analyse des cartulaires de Durbon et de Bertaux, ou des archives de l’Argentière, ou de celles de Savines, sont très utiles pour les périodes les plus reculées.

Joseph Roman, érudit local, a laissé, outre de nombreuses copies de documents originaux répertoriés dans le Fonds Amat-Roman (F 2159 à 2256), un ouvrage manuscrit intitulé Critique du nobiliaire du Dauphiné (F 2234), et un recueil de dessins de blasons accompagnant une ébauche d’Armorial des Hautes Alpes commencé par Clément Amat (F 2256).

La Critique, document bien fourni, de style vindicatif, est fort sujette à caution. Les dates des actes cités sont exactes, les filiations ne le sont pas et les erreurs sont très nombreuses, couvrant dans certains cas la totalité de la notice d’une famille. Sans doute ces erreurs eussent-elles été mieux acceptées – seuls ceux qui ne publient rien ne risquent pas d’écrire des sottises – si l’auteur n’avait été aussi méprisant des travaux d’autres chercheurs, dans tes termes souvent inadmissibles. Ceci étant, l’ouvrage rend des services réels, en matière héraldique en particulier. Mais, à l’inverse des travaux de Chanoine Guillaume, il est vierge de toute référence. Les talents de dessinateur de Joseph Roman sont mis en valeur par l’Armorial même si le style héraldique en est périmé. Par ailleurs, les généalogies qu’il a publiées dans différentes livraisons du Bulletin de la Société d’Études des Hautes Alpes sont des accumulations d’erreurs et de confusions, non référencées, ou des recopies laborieuses de documents du Cabinet des Titres de la Bibliothèque Nationale, publiées sans le moindre examen critique préalable. La seconde partie de son Tableau historique des Hautes-Alpes, qui résume plusieurs centaines d’actes passés pendant dix siècles, est fort utile pour la période 1350-1500, qui n’est pas couverte par le Regeste dauphinois du Chanoine Ulysse Chevallier. On y trouve en particulier les listes d’hommages de 1400-1450, précieuses pour établir les filiations dans cette période déjà reculée. Tout ce qui précède (560-1350), dont une bonne partie est empruntée aux travaux du chanoine Paul Guillaume (Cartulaires de Durbon et de Bertaux, en particulier) sans que cet auteur soit jamais cité en référence, se trouve, avec beaucoup d’informations supplémentaires, combien mieux référencées, dans le Regeste, recueil évidemment d’une autre valeur scientifique.

Tout autres sont les dossiers généalogiques de Georges de Manteyer. déposés à la Bibliothèque municipale Lyautey de Grenoble. Ceux-là sont exactement référencés, complets et vérifiables ; ils constituent en fait une source originale . Cela fait particulièrement regretter que, non inventoriés, les travaux de cet auteur, dont certains n’ont pas été ouverts depuis un demi-siècle, dorment à Grenoble dans un parfait oubli. Les dossiers généalogiques, fort exhaustifs, ne portent que sur quelques dizaines de familles, la plupart ancêtres de l’auteur. Quatre autres dossiers sont consacrés à la famille de Flotte. Les fonds consacrés à la terre de Manteyer, à la famille d’Abon, qu’on n’a pu consulter, faute de temps, contiennent certainement quantité d’informations, sur la période médiévale en particulier. Les publications imprimées de Georges de Manteyer sont une autre source. Ainsi l’impressionnant La terre de Jarjayes en Gapençais (933-1588) qui reproduit 510 documents, le Livre-journal tenu par Fazy de Rame ou même les Finances delphinales (1268-1370) sont riches de renseignements sur les familles. La qualité de ces publications ne fait que davantage mettre en valeur la légèreté arrogante des écrits de Joseph Roman en matière généalogique.

Les travaux de M. Jean Imbert, maire de Serres et auteur estimé de l’Histoire de Serres et des Serrois, déposés aux archives départementales (F 4023 à 4034), appellent des réserves. Ils ne sont pas référencés et doivent être utilisés avec prudence. Mais ils demeurent utiles pour les familles, de religion réformée en particulier, du Serrois et des Baronnies voisines. M. François Nicollet, professeur à Gap puis à Aix, a laissé aux archives départementales (Ms 116) le brouillon d’un ouvrage sur la noblesse des Hautes Alpes, qui permet des recoupements. Pour les familles des vallées cédées, on s’est basé essentiellement sur les ouvrages très complets de M. Charles Maurice, qui sont une des rares sources de seconde main de cet armorial. Les Annales des Alpes et le bulletin de la Société d’Études des Hautes Alpes sont assez riches en documents d’intérêt généalogique, le plus souvent sérieusement établis, quoique manquant parfois de l’appareil critique sans lequel aucune publication ne devrait prendre place.

Certains chercheurs locaux ou visiteurs ont communiqué leurs travaux à l’auteur. Leur intervention a été précieuse et parfois une leçon d’humilité. Car tous révélaient un soin extrême, une scrupuleuse attention au détail et à l’exactitude, qui démontraient le sérieux des recherches et de leurs auteurs.

Les sources originales utilisées pour l’élaboration de cet armorial sont essentiellement les minutes notariales et les papiers de famille.

Les minutes notariales, dont le dépôt des archives possède près de 10.000 volumes (sous-Série 1 E) ont fourni des milliers d’actes. Les premiers travaux, partant de l’élaboration d’une généalogie familiale, ont beaucoup dû aux brouillons du chanoine Guillaume, surtout après qu’on eut pu décrypter les références utilisées et passer directement aux cotes de la sous-série 1 E. On s’est ensuite concentré sur les notaires d’Embrun, que le chanoine Guillaume n’avait pas traités. Plusieurs déplacements à Digne ont permis de travailler sur les minutes des localités de la rive gauche de la Durance, entre Curbans et Sisteron. Les dépouillements des dernières années ont porté surtout sur le Briançonnais ; ils ont été grandement facilités, voire rendus possibles, par les relevés des contrats de mariage et des testaments effectués par les membres de l’Association généalogique des Hautes Alpes et qui dépassent même le cadre du département. On ne saurait trop remercier leurs auteurs de la patience et de l’altruisme dont ils ont fait preuve en y consacrant leurs efforts. Des réserves doivent toutefois être formulées sur la transcription de certains patronymes. Si l’habitué déchiffre aisément le patronyme erroné, le chercheur étranger à la région risque d’y perdre le fil de sa recherche.

Les papiers de famille des Série F et J des archives départementales ont fourni de nombreux renseignements, des comptes, des livres de raison, des pièces de procès, et des actes manquant dans les registres de notaires. Également les riches insinuations de la Sénéchaussée de Sisteron aux archives des Alpes de Haute Provence ont apporté quantité de très utiles recoupements et informations. Il y a encore beaucoup à trouver de tous côtés, dans les cadastres, les archives municipales, les fonds judiciaires, les registres de formalités et ailleurs. Mais l’auteur n’a pas voulu que cet armorial, comme tant d’autres, ne soit jamais achevé et jamais publié. Si incomplet, si inexact soit-il sur certains points – car tous les armoriaux contiennent des erreurs, et celui-ci n’échappe certainement pas à la règle– il fallait le soumettre à ses lecteurs.